
Journal Alaska Terre de Feu, 15 decembre
Ceci est le dernier journal de notre voyage qui a debuté le 10 mai 2005 de Pau et se terminera le 21 decembre 2005 à Pau. Nous avons parcouru 37686 km (dont 4500 de piste), brulé 4143 litres de Diesel pour un coût de 2447 US$. Nous avons traversé une douzaine de pays, tous plus ou moins montagneux, puisque nous avons suivi l’épine dorsale du continent. Nous avons subi le froid ( pas très rigoureux: un peu de neige juste avant Ushuaia ), le chaud sec( 45 C à Phoenix, Arizona), le chaud humide (30 C à Panama), beaucoup de vent dans le sud ( 50 noeuds dans le canal Messier, avec des pointes à 100 noeuds!), la pluie, torrentielle dans les Chiapas et en remontant vers le nord de Chiloe. Nous avons pris plus de 6000 photos, dont une centaine a garder. Que reste-t-il? Les images, les odeurs, la musique, la cuisine ( ceviche, cordero asado al palo, guacamole, curanto…), les boissons ( Ah, le Pisco peruvien! Et la Margarita de Zacatecas…). Mais le plus merveilleux ce sont les rencontres que nous eu la chance de faire dans chacun de ces pays; il nous en reste des photos parfois, des emails rarement, mais des souvenirs vivants et forts toujours. Pour terminer, on ne peut que citer Nicolas Boursier, ( merci à Luc et Boris):” Le voyage détruit; le corps tout d’abord, négligé, sous-alimenté (pas vraiment dans notre cas), alcoolisé ( oui, nous l’avouons), fatigué, oublié. L’esprit ensuite; confus, troublé, à l’épreuve d’incessants changements, stimulé par la rencontre, déchiré par la séparation. Quel masochisme pousse donc le voyageur à parcourir le monde? Se construire des souvenirs, du passé en concentré? Une besace d’images où puiser à l’automnne de sa vie .”…
Arrivée a Pto Montt a 6 heures du matin; Jean Paul est levé pour surveiller le debarquement des camions de bétail. Après avoir revu une dernière fois nos amis Arnaud et Frederic, nous prenons la route de Chiloe. Il fait beau; nous traversons Ancud, puis revenons prendre la route de Castro où nous trouvons les cabanas Trayen, avec grand confort et belle vue sur le bras interieur du golfe de Corcovado qui baigne Castro, la capitale de Chiloe. L’après-midi est belle, avec un chaud soleil.
Le lendemain, visite de Chonchi, tout petit port, très actif, sous un temps gris mais sec.
Puis, c’est la remonté vers le continent sous la pluie. La traversée en Ferry sera distrayante: les phoques, pelicans y feront des apparitions nombreuses.
Nous Dejeunons à Angelmo, le marché aux poissons de Pto Montt; les étals de merluza, salmon, congrio,…puis les mariscos: Cholgas (grandes moules), Chorritos (moules), Almeras (praires), Jaivas (crabes), Picorocos( molusques inconnus qui ressemblent étrangement aux créatures d’Alien ( celles des oeufs)),…
Etape à Pto Octay, au bord du lac Llanquihue (le même que celui de Pto Varas),après une pluie épouvantable. Très calme. Le standing de la cabana de nos amis a chuté, mais ceci ne nous empeche pas de faire un bon repas dans leur salle à manger. Nuit calme. Le temps s’arrange quand nous partons vers le Nord. Cependant, les nuages resteront installés jusqu’à Pucon, et le volcan Villarica demeurera invisible jusqu’au lendemain matin, où il nous donnera le plaisir de montrer son sommet tapissé d’une neige fraiche, étincelante et environné de jolies fumeroles sous un ciel magnifique. La cabana est, cette fois, très agréable, au bord du lac Villarica, et Ruben (le gardien du camping que nous avions utilisé à notre premier arrêt ici) nous laisse nous garer devant la cabana et utiliser la deuxième salle de bains pour une petite offrande symbolique. Nous dinons à la Maga et nous ne sommes pas décus par la grillade de 500g de viande Uruguayenne…
Le lendemain, c’est une longue étape (un peu plus de 600km, mais principalement en autoroute) qui nous mène à Santa Cruz, dans la vallée de Colchaga, une des principales régions vinicoles du Chili. Nous atterrissons, par hasard ( sur les conseils de la receptionniste de l’hotel Santa Cruz Plaza), au Parador de la Vina, au milieu des vignes, au calme, et superbement décoré. Nous profitons de la piscine et retournons diner en ville au “club social”, où nous passerons un agréable moment sous la tonnelle. Il faut préciser que nous avons retrouvé des températures clémentes (25 C) et qui deviendront élevées le lendemain (30 C). Visite des vignes Montes, conduits par un dynamique guide de la société. Puis visite du musée; époustouflant: depuis les fossiles et les vestiges de toutes les civilisations du continent sud américain, jusqu’aux armes de la seconde Guerre Mondiale, en passant par la libération du Chili, la guerre du Pacifique, les locomotives, les automobiles,…. Cecilia, la patronne du Parador, nous offre le vin de la casa, le premier soir et le Pisco, le deuxième; Il est tres frais, fort et copieux et comme la soirée est belle, nous nous laissons aller à garder le pichet sur la table… Puis les hommes préparent une délicieuses salades pendant que les filles continuent de vider le pichet! Pour accompagner , un bon cabernet sauvignon de Montes suivi d’un Merlot de Errazuriz…Le reveil sera dur pour certains! Nous recommandons cet hotel pour son accueil, son calme, sa décoration discrete et de très bon gout et surtout pour la gentillesse de Cecilia, qui fait tout pour que l’on s’y sente chez soi: elle nous prete les assiettes pour nos picniques ( l’hotel ne fait pas restaurant), mais c’est la femme de chambre qui fait notre vaisselle…
La route pour Santiago, sans problèmes, nous permet d’arriver à l’hotel “Los Espanoles”, dans le quartier d’Estelle et Claude, vers 5.00pm. Cela fait 23422 miles que nous sommes partis d’Anchorage.
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