
Journal Alaska Terre de Feu , 27 Septembre
Nous sommes heureux de retrouver notre maison mobile et de quitter Guayaquil pour rejoindre Baños . La sortie de Guayaquil est pénible et encombrée. Il fait chaud et nous restons au niveau de la mer jusqu'à Quevedo (100km, 3heures de route). On m’avait recommandé cette route pour rejoindre Baños, comme étant la plus courte, tout en étant « bastante buena »: En fait elle est asphaltée seulement jusqu'à La Mana (la moitié de la distance Guayaquil-Baños). Nous réalisons que nous n’arriverons pas à destination avant la nuit et nous décidons de nous arreter à Valencia (quelques km après Quevedo) ; pas d’hotel, mais une station service très accueillante où nous en profitons pour faire laver notre « Carrocasa ». Excellente nuit (la station est gardée et le traffic routier inexistant la nuit). Le lendemain, je heurte le tuyau d’echappement du générateur pour la 5ième fois en passant sur un méchant « tope ». Réparation rapide à la station service et nous attaquons la Sierra. C’est une piste bien empierrée. Presque pas de foret (on monte rapidement au dessus) et le paysage de haute montagne est splendide. Nous grimpons très vite au dessus des nuages et les cultures changent ; moins de mais, plutot des pommes de terre. Les moutons et lamas sont gardés sur le bord de la route. Les indiens sont tous emmitoufflés (fort vent et très froid). Nous passons enfin un col à plus de 3800m et nous redescendons vers Pujili et Lataconga avec des vues sur le majestueux Cotopaxi (volcan en activité, encapuchonné de neige).
Baños (1900m). Nous avons la chance de découvrir l’hotel « Inti Luna » : Une prairie pour nous tous seuls et accès a une chambre pour la douche, juste sous le volcan Tungurahua (5906m).
Oriente :Route de Baños a Puyo excellente ; apres c’est 45km de piste tres mauvaise, suivis de 25 km de bonne route asphaltée jusqu’à Pto Napo ; 20 km de bonne route un pont et 20 km de piste moyenne dans la foret, jusqu'à Pto Rio Barrantilla ( un affluent du Rio Napo qui rejoint l’Amazone). Une Lancha vient nous chercher. Emma , Marcelo(Espagnols travaillant à Quito), Quepa et Maritza nous accompagnent. Guillaume, un Suisse de Sierre nous accueille. Faire les bagages suffit a nous donner une bonne suée ; il fait terriblement humide plutot que chaud.
Liana lodge (300m) : des huttes tres bien ventilées, sans electricité (tout a la bougie), et une eau intermittente, mais cependant tres confortables. Une Grande hutte fait office de bar, salle à manger, et salon pour apres diner autour d’un bon feu ; dès que le soleil se cache, il fait plutot frais ! Nous y passerons des moments très agréables en compagnie d’Emma et Marcelo.
La nuit, dans notre hutte toute noire, nous baignons dans un fond sonore mysterieux, tres présent et proche, quelquefois ponctué de cris ou plaintes plus fortes. Le jour, la foret est beaucoup plus silencieuse ; seuls les cris espacés des toucans, le bourdonnement des cigales ( certaines annonciatrices de soleil, d’autres de pluie…) rappellent que la faune n’est pas loin. Il est tres difficile de voir des animaux dans la foret (à part oiseaux, papillons, insectes) car la plupart des gros sont nocturnes et les petits sont tres craintifs. Il faut donc etre silencieux, immobile et surtout patient…
Heureusement pour nous, la directrice de Liana Lodge, a créé un Zoo pour recueillir les animaux blessés ou abandonnés ; on les soigne, on leur apprend progressivement à ne plus dépendre de leurs gardiens et on les relache dans la nature…C’est l’occasion pour nous de visiter ce zoo un peu spécial ; on y voit surtout des singes (écureuils, capucins, ateles,…), mais aussi beaucoup de macaus et aras ( dont un Pablo, a un problème psychologique), et quelques felins ( tigrillos et autres dont j’ai oublié le nom…).
Retour à Baños : Séance internet, pendant que la lavandière se charge de notre linge. Nous retrouvons notre Inti Luna avec plaisir. La Panaméricaine jusqu’à Cuenca dans la Sierra est encore spectaculaire et nous nous délectons des paysages et des scenes qui bordent notre route . Au passage, nous avons la chance d’apercevoir le sommet du somptueux Chimborazo (6300m), où se disputent nuages et neige. La vertigineuse route après Alausi , non asphaltée, nous réjouit.
Cuenca (2500m) : Comme toujours, nous avons des difficultés pour trouver un hotel ayant un parking assez haut pour notre vehicule; nous sommes souvent obligés de nous rabattre sur des hotels en bordure de ville (où l’espace est moins compté). Nous sommes très heureux de dénicher l’Hosteria Duran à Baños (de Cuenca) ; c’est un hotel très coquet avec 3 piscines chaudes et surtout un parking très calme pour nous seuls. Le Gérant, Marcelo, est très accueillant ; en outre, il a beaucoup de charme et il parle très bien Français. Nous passerons 4 nuits reposantes chez Marcelo. Cuenca n’a pas les Eglises, couvents et autres monuments de Quito, mais elle a le privilège d’etre traversée par quatre rivières (où les enfants se baignent pendant que leurs mères lavent le linge), elle a gardé un centre colonial, avec de bien belles maisons ( toutes avec patio), un joli marché aux fleurs très animé, et surtout un très interessant musée archéologique et ethnographique ( en particulier une demi douzaine de tetes réduites par les indiens Chuars, anciennement connus sous le nom de Jivaros). Nous prenons meme le temps d’aller faire un tour dans le parc National El Cajas, à quelques kilometres à l’ouest de la ville. Nous avons loué un guide, Juan Carlos, et nous sommes en compagnie de Fidel et Maria, Catalans et alpinistes. La journée est magnifique et nous marchons 3 heures dans un paysage de lacs nous rappelant curieusement les Pyrenées ( c’est bien la peine de venir si loin…), entre 4000 et 3600 metres (en descente, c’est plus facile). Les seuls animaux que nous verrons sont des alpacas .
Le lendemain, nous ferons le plein de propane dans l’unité de stockage, au nord de Cuenca ; il faut montrer patte blanche pour entrer, passer trois grilles avec gardes armés, et il ne faudra pas moins de 3 ouvriers plus un contremaitre pour réussir l’opération ; la préparation de la facture prendra aussi longtemps, pour un coût total de 1.24$.
Il faut bien partir de cette ville agréable et descendre vers le sud et le Pérou. La route est encore magnifique vers Loja. Nous ferons 3500m de denivelé positif dans la journée, pour seulement 200km. Nous passons Loja pour nous avancer vers la frontière et nous stoppons pour la nuit dans un centre aquatique(Agua Mania), un peu bruyant et populeux, mais tenu par un sympathique gérant, Jorge, et qui me donne l’occasion d’essayer un toboggan à sensations.Une surprise, après diner ; le bus est secoué fortement (pendant une trentaine de secondes), au point que nous nous inquietons de qui pourrait s’amuser de la sorte ; nous sortons de notre lecture pour tenter de voir dehors quelle peut etre la cause de ce remue ménage : Rien ; nous nous recouchons en concluant qu’il doit s’agir d’un tremblement de terre. Après un reste de nuit très tranquille, nous rejoignons la frontière à Huaquillas, ville incroyablement animée, bruyante, où il nous est difficile de nous frayer un chemin pour atteindre le douanier. Cependant, nous effectuons sans aucun problème (malgres nos craintes) notre sortie d’Equateur et notre entrée au Pérou. Au cours de nos « tramites », pour obtenir les tampons, je tombe sur un journal du jour qui annonce, en première page, un tremblement de terre de force 7, avec un épicentre dans la jungle Péruvienne, à quelques dizaines de kilometres de notre lieu de camping de la nuit passée !
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